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Sans se rendre compte
le dernier tyran des Assad vient de donner une preuve irréfutable que son
régime est bel et bien l’auteur de l’attaque chimique de Ghouta, qui a fauché la
vie à plus de 1500 personnes dont plus de 400 enfants. L’ironie de l’histoire est
extraordinaire. En effet, pourquoi
diable, un tyran de la trempe de Bachar el-Assad, accepterait-il soudainement,
en l’espace de quelques jours, de se débarrasser d’un arsenal que la Syrie des
Assad, père et fils, a acquis méticuleusement depuis une quarantaine d’années,
une opération qui pourrait coûter à son pays plus d’un milliard de dollars, alors qu'il attribue les attaques chimiques du 21 août aux « terroristes » que ses troupes combattent ?
Foutaises. Le président syrien sait que c’est son régime qui est l’auteur de ce massacre.
Et pour cause ! C’est lui et son frère qui en ont donné l’ordre. Il sait
qu’accuser les rebelles est une couleuvre difficile à avaler même quand on a un
fidèle protecteur comme Vladimir Poutine, même quand on a en face des djihadistes
de tout poil et même quand on a des défenseurs aussi disjonctés que Bouthyana
Chaaban et Nasser Qandil, yérrid el3ein 3announ. La conseillère politique et médiatique du président
syrien a expliqué le plus sérieusement au monde que les rebelles avaient kidnappé
les victimes de Lattaquié et les avaient gazées à Damas ! Quant à l’ancien
député libanais de la mouvance libanaise pro-syrienne « 8 Mars », il est sûr qu’il s’agissait
d’une erreur de manipulation lors de la préparation de l’attaque par les
rebelles avec du gaz sarin périmé fourni par l’Arabie saoudite ! Lol. Trêve de plaisanteries. Bachar
el-Assad l’a reconnu au Figaro, « dans
les pays qui possèdent une telle arme (chimique), la décision (de s’en servir)
est centrale. » Il sait aussi, que le franchissement de cette
« ligne rouge », fixée par Barack Obama, ne peut pas rester sans
de graves conséquences pour son régime en général (frappes militaires), et pour
lui en particulier (poursuites judiciaires par la Cour Pénale Internationale).
Alors, en sacrifiant son arsenal
chimique, il espère naïvement sauver sa peau et son régime.

Précisions
d’abord, que l’idée de démanteler
l’arsenal chimique des Assad a été lancée par John Kerry le 9 septembre 2013 et
non par Sergueï Lavrov. Répondant à la question d’un journaliste à savoir
que peut encore faire Bachar el-Assad pour échapper aux frappes, le secrétaire
d’Etat américain a répondu : « Il
pourrait transférer l'intégralité de son arsenal chimique à la communauté
internationale dans la semaine à venir. » Ce n’est qu’ensuite que le
ministre russe des Affaires étrangères, a saisi l’occasion, rapidement, avant
que le Congrès américain ne se prononce, pour éviter à la Syrie mais aussi à la
Russie, et les frappes américaines et l’humiliation internationale. Précisons
ensuite, que le ministre russe des Affaires étrangères, n’a accepté de prendre
ce train en marche, que lorsque Vladimir
Poutine a compris que Barack Obama était déterminé à réagir aux attaques
chimiques commises par le régime de Bachar el-Assad sur la population et
les rebelles syriens de Ghouta le 21 août 2013. Le président russe a fini par
comprendre que le recours d’Obama au vote du Congrès américain, n’a été décidé
par le président américain que dans le but de permettre à la force de frappe
américaine d’avoir les coudées franches dans l’intervention militaire en Syrie.
Il faut quand même rappeler, que la veille du 9 septembre, on parlait de
frappes limitées certes, mais massives et en deux vagues, pour s’assurer de la
destruction totale de dizaines de cibles, pouvant faire intervenir à la fois les
Tomahawks, des missiles de croisière guidés
par GPS d’une portée de 2 500 km pouvant voler à 900 km/h et à 20 m du sol, à un
million de dollars la pièce, et les B-2 Spirit of America, des bombardiers furtifs à 11 000 km de rayon d’action et à deux milliards
de dollars l’unité ! De quoi effrayer, même, que dis-je, surtout, tous les
nostalgiques de l’époque soviétique, Poutine et Assad en tête ! Précisons enfin, que depuis deux ans
et demi les chefs d’État occidentaux
cherchaient une excuse, un prétexte, une échappatoire, wlak min ghaymé, pour ne pas intervenir en Syrie. Et s’ils ont
décidé de le faire en ce début de mois de septembre, c’est parce que tous les
éléments confirmaient avec une grande certitude la responsabilité du régime
syrien dans le massacre chimique du 21 août. Que personne ne se leurre, les
Occidentaux se seraient engouffrés dans n’importe quelle brèche d’incertitude
pour éviter d’intervenir militairement dans la guerre civile syrienne.
+-+Human+Rights+Watch+(parent+syrien).jpg)
Toujours
est-il, le rapport de l’ONU confirme en grande partie les rapports des
renseignements américains et français, notamment en ce qui concerne la
symptomatologie post-attaque, caractéristique d’une exposition à un gaz neurotoxique
(voir Art.178). Selon les enquêteurs de l’ONU, il existe des preuves flagrantes et convaincantes qu’une attaque
chimique massive, à l’aide de roquettes sol-sol contenant du gaz sarin, a visé
la population civile des régions d’al-Ghouta de la banlieue de Damas le 21 août
2013. Il en apporte des éléments nouveaux qui montrent la cruauté des auteurs
de l’attaque. Sur les conditions météorologiques,
par exemple. Le choix nocturne de cette attaque visait à accroitre son
efficacité. On a noté à l’aube du 21 août, une chute des températures, entre 2h
et 5h du matin. Ceci a eu comme conséquence de provoquer un mouvement d’air du
ciel vers le sol, le gaz toxique étant lourd, pouvait ainsi rester plus
longtemps au niveau du sol et mieux pénétrer dans les habitations et les abris
où s’est réfugiée la population civile.
+-+Human+Rights+Watch.jpg)
Et pendant ce temps,
la propagande syro-russe continue de plus belle. Les Russes
affirment que la Syrie leur a transmis des éléments qui prouveraient que
l’attaque du 21 août était une provocation de la part des rebelles. Un peu
court pour les croire sur parole. Serguei Lavrov n’hésite pas à affirmer
que « Nous avons les raisons les
plus sérieuses de penser que c’était une provocation ». Pour Poutine, il
s’agit même « d’une provocation
habile » de la part des rebelles. Vous l’avez compris, le mot d’ordre d’Assad, Lavrov et Poutine,
est le même : « provocation ».
C’est ce qui a amené les Américains à considérer que le ministre russe des
Affaires étrangères nage à contre-courant des faits. Dans une tentative de faire diversion, Vladimir Poutine a rappelé que
l’arsenal chimique syrien n’a vu le jour que « comme une alternative à l’arme nucléaire d’Israël ». Ce
qui est vrai. Rappelons qu’Israël nie détenir des armes nucléaires et pourtant
l’Etat hébreux place le Moyen-Orient tout entier sous la menace de 200 têtes
nucléaires ! Il faut aussi savoir qu’Israël n’est pas signataire du Traité
sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Et c’est sans parler de son
arsenal chimique et bactériologique. Il n’empêche que tout le monde sait que le
régime syrien se garde de répondre même avec des armes conventionnelles aux
attaques israéliennes. En tout cas, faut-il rappeler à Poutine que pour l’instant les armes chimiques du
régime syrien n’ont servi que contre la population syrienne ?
+-+Human+Rights+Watch+(roquette+330mm).jpg)
Récapitulons. Quatre rapports
indépendants, de l’Organisation des Nations Unies, de Human Rights Watch, des
renseignements américains et des renseignements français, désignent directement
et indirectement le régime de Bachar el-Assad comme l’auteur des attaques
chimiques du 21 août, qui ont fait près de 1500 morts, dont plus de 400 enfants. La
mobilisation de Barack Obama et de François Hollande pour intervenir en Syrie,
alors que les populations américaines et françaises y sont opposées, prouve que
ces dirigeants occidentaux ont des preuves irréfutables de la responsabilité du
régime de Damas dans ce massacre odieux. L’acceptation soudaine de Bachar
el-Assad et de Vladimir Poutine de se débarrasser de l’arsenal chimique syrien,
plaide indiscutablement en faveur de la culpabilité du régime de Damas dans la
tragédie de Ghouta. Nous sommes donc à six éléments accablants pour le régime
de Bachar el-Assad dans le massacre chimique de Ghouta du 21 août 2013. Assad
et Poutine le savent. Et pour cause ! Ils ne sont pas dupes. Ils ont vite compris que la communauté
internationale ne pouvait pas laisser le recours du régime syrien à ces
« armes de destruction massive » sans réagir. Il était donc impératif au duo syro-russe
de proposer de quoi freiner la machine de guerre occidentale qui se mettait en
place en Méditerranée orientale.

Réf.
Obama expliqué aux nuls. Episode 1/3 : Et nous autres Libanais, qu’avons-nous fait, que faisons-nous et que ferons-nous ? (Art.177) par Bakhos Baalbaki
Obama expliqué aux nuls. Episode 2/3 : Ce que l’on sait sur le massacre d’al-Ghouta (Art.178) par
Bakhos Baalbaki