jeudi 3 mai 2012

Etude sur la dette publique de la France 1978-2012. Classement par gouvernement et par clivage politique, gauche vs droite, avec ou sans Nicolas Sarkozy (Art.62)


I. Objectif

Partant du principe qu’à chaque année civile est associée un endettement, ainsi qu’un gouvernement et un Parlement, de la même famille politique, en charge des pouvoirs exécutif et législatif, donc du contrôle de cet endettement, et face à l'autisme aussi bien à droite qu'à gauche concernant le gouffre financier des comptes nationaux, j'ai voulu connaître précisément les augmentations de la dette publique de la France sous les différents gouvernements qui se sont succédés entre 1978 et 2012. Cela m'a permis de savoir qu'elles étaient ces augmentations par clivage politique, sous les gouvernements de gauche et sous les gouvernements de droite, avec ou sans les gouvernements de Nicolas Sarkozy.


II. Précisions utiles concernant les résultats (tableaux 1 et 2)

- Couleurs des lignes et des colonnes. Bleu pour la « droite » ; rose pour la « gauche » ; gris pour la cohabitation sous un mandat présidentiel ou une transition parlementaire gauche/droite ou droite/gauche en cours d’année.

- Colonne des gouvernements. Cette colonne ne tient compte que du changement de Premier ministre et non des remaniements ministériels. Par exemple, sous le mandat de Nicolas Sarkozy la France n’a eu que François Fillon comme Premier ministre mais a connu trois remaniements.

- Colonne de l’augmentation de la dette « Par an ajustée en cas d’alternance ». Dans le cas d’un changement de gouvernement en cours d’année, j'ai réparti l’augmentation de la dette au prorata temporis de chaque gouvernement. Par exemple, en 2007, la France a connu un changement de gouvernement à la mi-mai, j'ai considéré donc que 4,5/12 de l’augmentation de la dette est liée au gouvernement de Villepin et 7,5/12 au gouvernement Fillon.

- Colonne « Par an actualisée au 1er janvier 2012 ». Afin de rendre la comparaison des chiffres possibles, alors qu’ils s’étalent sur 33 ans (396 mois), tous les montants ont été actualisés au 1er janvier 2012, tenant compte des effets de l’inflation. Ainsi les 10 milliards d’euros des années 70 valent aujourd’hui 30 milliards. Cette démarche est capitale, sans laquelle aucune comparaison n’est possible.


III. Avertissements

- Pourquoi partir de 1978 ? Pour deux raisons principales: jusque-là, le montant de la dette était raisonnable (enfin, surtout par rapport à aujourd'hui ; près de 73 Mds €, 21% du PIB) ; à partir des années 80 les comptes publics étaient en déficit chronique. L’année 2012 (Sarkozy-Fillon) n’est pas comptabilisée puisque les chiffres officiels n’ont pas encore été publiés. Les chiffres ont été arrondis (montants et durées). Pour les calculs, j'ai considéré que le mois est composé de 30 jours.

- Entre 1978 et 2012, il y a eu six alternances entre les deux camps (droite et gauche) : 1981, 1986, 1988, 1993, 1997, 2002. Si chaque gouvernement a pu subir les conséquences de la politique de celui qui l’a précédé, il avait aussi la possibilité de revenir sur certaines réformes jugées défavorables pour l’économie du pays.

- L’augmentation de la dette est constante depuis 1978 mais elle se fait à un rythme variable selon les gouvernements. Il faut bien reconnaître que la dette n’a jamais était « l’obsession » des gouvernements qui se sont succédés entre 1978 et 2012, aussi bien de gauche que de droite.

- Les critères de Maastricht, introduits par l’Union européenne en 1992, pour éviter d’avoir des économies malsaines au sein de la zone euro et garantir à tous les membres de cette zone d’emprunter à des taux d’intérêt faibles, n’ont pas toujours été respectés. A partir de 2003, le critère principal, être impérativement en dessous des 60 % du PIB, était dépassé. Quant à celui sur le déficit budgétaire, qui doit rester inférieur à 3 % du PIB, il n’a pu être respecté qu’entre 1998 et 2001, puis entre 2005 et 2007.

- La dette de la France dépassera les 1800 Mds € (milliards d’euros) au cours de cette année. Il est difficile d’établir avec précision la responsabilité des uns et des autres. Mais une chose est sûre : à chaque année civile est associée une augmentation de la dette, ainsi qu’un gouvernement et un Parlement en charge des pouvoirs exécutif et législatif.

- Pour expliquer le dérapage de la dette publique, la droite invoquera les grands projets de François Mitterrand, les 35 heures, la retraite à 60 ans, la crise financière, le gaspillage de la gauche; etc. Et la gauche évoquera les avantages fiscaux accordés aux plus favorisés, l’indiscipline budgétaire, le libéralisme, le sauvetage irraisonné des banques ; le gaspillage de la droite ; etc.

- Ma démarche a toutefois des limites. D’abord, il existe un décalage entre les mesures gouvernementales et parlementaires données et leurs effets sur la dette. Cela peut poser un problème en cas d’alternance. Mais trois éléments atténuent les effets.

Le premier : rarement il y a changement de gouvernement le lendemain d’une décision importante (ex. les 35 heures, réforme des retraites…). Ces réformes ont été adoptées à distance des changements de gouvernements. Donc, le gouvernement qui les a pris assume pleinement les conséquences de ces décisions sur la dette puisqu’il en est l’auteur. Quant au gouvernement qui le remplace, il doit assumer aussi, puisqu’il a la possibilité de revenir sur les décisions du gouvernement précédent. Ex. Cela fait 12 ans que la réforme des 35 heures est mise en place, 10 ans que la « droite » est au pouvoir, et pourtant aucun gouvernement de droite ne les a les remis en question. On peut donc avancer que ces gouvernements assument aussi une part de responsabilité dans les conséquences des 35 heures sur la dette publique. Idem pour la réforme des retraites. La gauche s’engage à revenir sur la retraite à 60 ans pour certaines catégories. De retour au pouvoir en juin prochain, le gouvernement de gauche assumera donc les conséquences financières de ce retour à la retraite à 60 ans sur la dette publique.

Le second, c’est la valeur de l’argent qui nécessite une actualisation de la dette au 1er janvier 2012, pour pouvoir effectuer une comparaison digne de ce nom en tenant compte de l’inflation au sens courant. Cette actualisation suit donc l’évolution du prix des biens de consommation courante du panier représentatif établit par l’INSEE. 


Enfin, c’est celle de la continuité du pouvoir. Il est évident qu’un nouveau gouvernement quel que soit sa couleur et la politique de celui qui l’a précédé, est obligé d’emprunter pour assurer le bon fonctionnement de l’Etat et honorer la dette de la France tout en bouclant son budget et en mettant en œuvre sa propre politique, qui mettra du temps à produire les effets escomptés. Sauf qu’un gouvernement et un Parlement sont dans la durée, et peuvent par conséquent prendre les mesures qui s’imposent pour maîtriser la dette publique.

- Il convient d’attirer l’attention du lecteur que même si Nicolas Sarkozy était le ministre du Budget dans le gouvernement Balladur (2003-2005), je n'ai pas tenu compte dans le calcul de la dette par clivage politique, gauche vs droite avec ou sans Sarkozy, puisque j'ai décidé d’associer la dette au gouvernement et à la majorité parlementaire qui lui a assuré la confiance et non aux ministres et aux présidents de la République seuls.


IV. Résultats (tableau 2)

1. La dette de la France a augmenté de 2079 milliards d’euros entre 1978 et 2012, montants cumulés et actualisés au 1er janvier 2012 : 1/3 sous des gouvernements de gauche (au pouvoir 14,6 ans sur les 33 ans) et 2/3 sous des gouvernements de droite (au pouvoir 18,4 ans sur les 33 ans).

2. La dette de la France a augmenté de 1470 €/s (euros par seconde) sous les gouvernements de gauche et 2467 €/s sous des gouvernements de droite.

3. Si on sépare les années Sarkozy, du reste de la droite, nous constatons que :

- 32 % de la dette a augmenté sous les gouvernements de gauche, qui sont restés au pouvoir 14,6 ans sur 33 ans ;

- 41 % de la dette a augmenté sous les gouvernements de droite, qui sont restés au pouvoir 13,75 ans sur 33 ans ;

- 27 % de la dette a augmenté sous les gouvernements Sarkozy, qui sont restés au pouvoir 4,6 ans sur 33 ans.

4. La dette de la France a augmenté de 1470 €/s sous les gouvernements de gauche, et 1993 €/s sous des gouvernements de droite sans Sarkozy et 3877 €/s sous les gouvernements Sarkozy.


V. Conclusion

Il n'est plus permis à l'heure de la libre circulation de l’information qu’on continue à prendre les vessies des électeurs pour des lanternes. Dans cette étude, je ne cherche pas à dédouaner un camp pour accabler l'autre, puisque je montre clairement que la gauche et la droite, ont aggravé conjointement l’endettement de la France. Mais en cherchant à en savoir plus sur un sujet aussi fondamental que la dette publique, je me suis rendu compte à quel point la désinformation et la propagande sont répandues et qu’il était plus que jamais nécessaire de mettre les points sur les i. Ces chiffres battent en brèche certaines « idées reçues » selon lesquelles la droite est une « bonne gestionnaire de l’argent public », « garante de l’équilibre des comptes nationaux » et « économe », alors que la gauche est une « mauvaise gestionnaire de l’argent public », « irresponsable concernant l’équilibre des comptes nationaux » et « dépensière ».


VI. Références

Dette des administrations publiques au sens de Maastricht

Calculateur d’inflation

lundi 23 avril 2012

Les enseignements du 1er tour de l’élection présidentielle en France du 22 avril 2012 (Art.61)


1. Les deux candidats républicains, François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP), passent au 2e tour, avec un taux de participation de plus de 80 %, c’est un beau doublé pour la démocratie. Les scores sont assez proches. Qui est premier n’a strictement aucune importance.

2. Pas de doute il y a un désaveu important de la politique menée par Nicolas Sarkozy depuis 5 ans, comme la symbolique et indécente mesure du bouclier fiscal votée la vieille de la crise économique, et une sévère sanction de cette équipe, les Français ne pardonnent pas au président sortant d’avoir laissé filer la dette de la France qui atteint aujourd’hui un record, 1800 milliards d’euros, soit 600 milliards d’euros de plus qu’en 2007, c’est-à-dire 3800 euros de dette supplémentaire par seconde sous le mandat Sarkozy ! Certes tout ce que l’équipe Sarkozy a fait n’est pas mauvais, mais face à ce chiffre même les dieux là-haut ne pourraient rien, alors que dire des héritiers de Danton ici-bas! Les Français ont exprimé un désir de changement. Ils ont décidé que le changement c’était pour maintenant et il serait incarné par François Hollande.

3. Pas de candidat d’extrême droite ou d’extrême gauche au 2e tour, c’est également une excellente chose. Le cauchemar de 2002 était dans tous les esprits. Une démocratie mature n’a pas vocation à laisser s’épanouir les partis extrémistes, encore moins de les porter au pouvoir.

4. Le candidat du parti centriste (Modem), François Bayrou, à près de 9%, moins que prévu, c’est une mauvaise nouvelle, il méritait peut-être un peu plus.

5. Le candidat du parti d’extrême gauche (Front de gauche), Jean-Luc Mélenchon, à près de 11%, c’est plus faible que prévu et c’est une très bonne nouvelle car il ne pèsera pas sur la politique de François Hollande s’il est élu le 6 mai. En tout cas, son influence sera limitée.

6. Marine Le Pen, la candidate du parti d’extrême droite, le Front national (FN), est le « 3e homme » de cette élection avec ses 18 %. Nous rentrons au cœur du réacteur France ! C’est la surprise de ce scrutin et c’est une bien mauvaise nouvelle ! Présenté en pourcentage, le score est moins effrayant que s'il l'est en chiffre absolu. Il faut savoir que les 18 % représentent près de 6,5 millions de Français ! Cela signifie que 1 électeur sur 5, a choisi ce parti dont l’idéologie fait honte à la France, à son Histoire et à ce qu’elle représente, contrairement à ce que pensent beaucoup de nos compatriotes libanais et franco-libanais ! Non je ne comprendrais jamais ces français qui votent pour ce parti xénophobe et raciste sachant que 27 % de la population française a au moins un parent né à l’étranger, et surtout simpliste avec des propositions populistes qui, si elles sont mises en œuvre, elles réserveront à la France une belle descente aux enfers ! Tous les partis français les épargnent depuis 30 ans dans l’espoir d’obtenir leur voix, expliquant que ça ne serait pas de leur faute, qu’il faut blâmer leur leader. Au vu du score d’hier, il faut bien croire que cette stratégie a échoué. Jamais le FN ne s’est senti aussi puissant, aussi décomplexé, aussi arrogant. Aujourd'hui, plus qu'hier, je ne comprends toujours pas ces français qui « souffrent », propos de Rachida Dati prononcés lors de la soirée électorale, et cette « souffrance sociale », selon Rama Yade ! Mais jusqu’où diable la République doit-elle aller pour apaiser cette souffrance ? Je me demande si la chasse aux voix du FN n’est pas bel et bien ouverte !

En tout cas, il semble que le report des voix du FN sur Nicolas Sarkozy tournerait autour de 60%. Ce qui inquiète maintenant que le 1er tour est derrière nous, c’est l’attitude de la droite pour le 2e tour, qui serait tentée de récupérer les 40% restant, en rabâchant les oreilles des Français avec les thèmes favoris de ce parti (immigration, insécurité, islamisme, fraudes, protectionnisme, fermeture des frontières, etc.) ! Et encore plus inquiétant c’est leur stratégie pour les élections législatives en juin. L’UMP se trompera magistralement s’il espère récupérer les voix du FN, le compte n’y sera pas, jamais. Marine Le Pen, ne négociera pas entre les 2 tours, d’ailleurs elle n’a aucun intérêt à le faire. Elle essayera tout pour faire tomber Nicolas Sarkozy, afin de le remplacer sur l’échiquier politique. Elle pourrait même donner des consignes de vote secrètes en faveur du candidat socialiste pour couler le navire Sarkozy. Et pour cause, Marine Le Pen se place d’ores et déjà en « chef de l’opposition », elle veut recomposer la droite selon « ses conditions » ! Gilbert Collard, un proche du leader du FN, a rajouté même sur le plateau de France 2 hier soir, « Nous sommes la nouvelle droite » ! Une perspective bien terrifiante, surtout la veille de ces élections législatives. Les candidats de la droite pourraient ne pas résister bien longtemps à la tentation de s’allier avec le FN dans l’espoir d’être élus ou réélus.

Les discours et les mesures « front-nationalistes  » de la droite, comme par exemple les propos de Claude Guéant sur l’inégalité des civilisations, "Pour nous toutes les civilisations ne se valent pas", et le débat avec d’arrière-pensées politiques sur « l’identité nationale », ou les nombreuses réformes sur l’immigration, ne portent ni chance ni leurs fruits, surtout à long terme, car les gens préféreront toujours l’original à la copie ! La droite française ne l’a encore et toujours pas compris, dommage. Quand comprendra-t-elle qu’il est possible d’affirmer ses convictions et d’exposer ses valeurs sans forniquer avec l’extrême droite et sa démagogie à trois francs six sous ? Aujourd’hui la droite française a rendez-vous avec deux élections, présidentielle (2e tour le 6 mai) et législatives (10 et 17 juin). Elle est face à des choix historiques, surtout pour la première car les dés sont jetés : soit de perdre la tête haute, soit de perdre la tête basse ! Tout dépendra de son attitude vis-à-vis du FN et de la teneur de son discours entre les deux tours. Fera-t-elle les yeux doux et des appels du pied aux électeurs de l’extrême droite ? Les Français la regardent et sont toute ouïe !

Les médias aussi portent une lourde responsabilité dans le score exceptionnel réalisé par Marine Le Pen. Tout le monde s’est senti obligé la veille du dépôt des 500 parrainages nécessaires pour se porter candidat à la présidence de la République, de défendre la nécessité démocratique que Marine Le Pen ait ses signatures et s’offusquait à l’idée qu’elle n’y soit pas, alors que la règle des parrainages était la même pour tous, de Nicolas Sarkozy à Philippe Poutou, et qu’on n’allait pas adapter la loi pour faire plaisir à Madame Le Pen. Il faut reconnaître que le feuilleton quinquennal de la mascarade du « suspens », « elle les a ou elle ne les a pas », avec la variante « elle les aura ou elle ne les aura pas », orchestrée très habilement par la candidate d’extrême droite pendant des semaines durant, a été bien relayée dans les médias français qui sont tous tombés dans son piège. Toutes mes félicitations ! Il ne faut peut-être pas s’étonner après, que les électeurs se sentent à l’aise avec cette idéologie extrémiste. Certes, il est préférable de ne pas diaboliser le parti d’extrême droite, mais ce « new look » incarné par Marine Le Pen, ne doit pas nous faire oublier que la banalisation du FN dans les médias conduit inexorablement à cette banalisation dans les esprits.

7. Vive la démocratie. Le peuple est souverain.


Post-Scriptum 1
Le vote parisien est très intéressant… FRANCE vs PARIS

François Hollande : 28,63 % vs 34,83 %
Nicolas Sarkozy : 27,18 % vs 32,19 %
Marine Le Pen : 17,9 % vs 6,2 %
Jean-Luc Mélenchon : 11,11 % - 11,09 %
François Bayrou : 9,13% - 9,34 %
Eva Joly : 2,31 % vs 4,18 %
Abstentions : 19,84 % vs 19,85 %


Post-Scriptum 2
La dette de la France a augmenté de 2 millions d’euros pendant votre lecture ! Vous comprenez mieux maintenant la colère des Français ?

dimanche 22 avril 2012

France : Election présidentielle 2012. Quelques affiches de campagne, non officielles !


 
  7 mai 2012 : La France sereine




Nicolas Sarkozy 2007 vs 2012 : le regard fuyant... les électeurs. Et pour cause, que de promesses non tenues et un bilan désastreux résumé en quelques mots par Laurent Fabius : "Votre bilan, c'est votre boulet". 




"La France forte" le slogan de campagne de Nicolas Sarkozy pour 2012, est né de la fusion de celui de François Mitterrand en 1988 avec celui de Valéry Giscard d'Estaing en 1981... Pas vraiment créatif !




Il est grand temps de refermer la parenthèse Sarkozy pour que la France retrouve enfin sa sérénité le 7 mai 2012 ! La mer d'Egée n'était pas un choix judicieux...




Le risque de voter pour Jean-Luc Mélenchon au 1er tour, est de faire un remake de l'élection présidentielle de 2002, où le candidat du Parti socialiste, Lionel Jospin, à cause de la dispersion des voix de la gauche, n'a pas été en mesure de se présenter au 2e tour, qui a vu s'affronter Jacques Chirac (droite) et Jean-Marie Le Pen (extrême droite).




"Si tu veux voir nos nichons, vote Mélenchon*...  * Si tu veux voir nos zizis ..."
Sérieux s'abstenir ! Enfin sérieux dans le sens, qui veut vraiment voir les nichons de ces demoiselles !




The Economist :  France in denial. The West most frivolous election.


ENFIN, pour plus de détails sur les programmes des candidats, rendez-vous sur le site du Monde qui vous propose un module permettant de consulter et de comparer les programmes des candidats par thématique (économie, société, institutions et planète). Cliquez ici.

mardi 7 février 2012

Un peu de modestie dans ce monde prétentieux ne fera pas de mal à l'humanité! [Propos de Claude Guéant sur les "civilisations"] (Art.54)


Une tendance naturelle à l'arrogance, une bonne dose d'ignorance, un zeste de racisme, une pincée de xénophobie, une élection présidentielle en vue, une déroute électorale en perspective et les voix du Front National en tête, tout cela donne immanquablement une déclaration du genre "Pour nous toutes les civilisations ne se valent pas". C'était Claude Guéant il y a 2 jours.

Comme je ne crois pas aux gaffes, mais aux propos politiques savamment étudiés, le ministre français de l'Intérieur me fait penser à quelques éléments en vrac.

- La France n'a accordé le droit de vote aux femmes qu'en 1945. Certes, avec 70 ans d'avance sur l'Arabie saoudite (prévu pour 2015!), mais il n'empêche qu'elle l'a fait avec 52 ans de retard sur la Nouvelle-Zélande (accordé en 1893!)! C'était même 27 ans après l'Union soviétique, 25 ans après l'Azerbaïdjan, 20 ans après la Mongolie ou le Liban (droit partiel), 14 ans après le Sri Lanka et 10 ans après les Philippines!

- La guerre coloniale d'Algérie, pour garder l'Algérie française, a entrainé la mort de 500 000 personnes (certains avancent même le chiffre de 1,5 million de morts) entre 1954 et 1962!

- Jusqu'à l'abolition de la peine de mort par François Mitterrand en 1981, la France a fait bon usage de l'ingénieuse machine de conception française de M. Guillotin pour trancher les têtes avec civilité!

- On estime qu'en 2011, près de 133 000 personnes en France étaient sans domicile fixe (SDF), 117 000 personnes sans logement personnel et 2 863 000 personnes dans un logement privé de confort (immeuble insalubre, pas de sanitaire ou de cuisine, chauffage insuffisant…). Au passage, il fera entre -8°C et -12°C, température ressentie jusqu'à -22°C, sur une grande partie de l'Hexagone cette nuit!

Et donc voilà, je me demande comme ça, inspiré par Claude Guéant, si l'on doit résumer la "civilisation française" au droit de vote des femmes, à son passé colonial, aux exécutions à la guillotine et au nombre de gens SDF et mal logés? Et si c'est le cas, alors le ministre de l'Intérieur n'a vraiment pas de quoi pavoiser. Avant que je n'oublie, je me demande également s'il ne faut pas diffuser massivement ce verbiage d'extrême droite aux français, ça leur évitera d'être parmi les plus gros consommateurs de psychotropes au monde (37 % en ont pris au cours de leur vie… anxiolytiques, somnifères et antidépresseurs)! On n'a même qu'à le répéter en boucle à la radio, à la télé et dans les journaux, on empêchera peut être à 85 000 personnes de tenter de se suicider chaque année et à plus de 10 000 d'y parvenir tous les ans! 

Enfin, un peu de modestie dans ce monde prétentieux ne fera pas de mal à l'humanité!

jeudi 26 janvier 2012

Relations Liban-Syrie : projet de déclaration publié par le « bureau exécutif du Conseil national syrien ». Texte et remarques. (Art.52)


Vous trouverez ci-dessous le document publié par le « bureau exécutif du Conseil national syrien » sur sa conception des relations entre le Liban et la Syrie à l'avenir. Il s'agit d'un projet de déclaration pour l'instant qui n'a pas encore été validé par le CNS, il y aurait peut être des divergences de point de vue au sein de l'opposition syrienne.

Le changement de régime en Syrie, inévitable pour l'Histoire, prendra malheureusement encore beaucoup de temps, contrairement à ce qu'affirme le document. En tout cas cette déclaration est effectivement une occasion en or pour établir des relations "normales" entre les 2 pays. Cependant, je voudrais attirer l'attention du Conseil National Syrien sur un point d'une grande importance qui risque de foirer cette noble tentative de tourner la page entre les 2 peuples : la terminologie!

Il est préférable, dans l'intérêt des 2 pays et des 2 peuples, et afin de mieux démontrer que "la Syrie libre, indépendante et démocratique reconnaît le Liban en tant que patrie souveraine et indépendante", de couper définitivement ce cordon ombilical terminologique, contesté par une partie de la population libanaise, notamment chrétienne.

"FRERES libanais", "le soutien du peuple libanais à son FRERE le peuple syrien", "le tournant… ouvre grand les horizons à un avenir COMMUN entre nos deux peuples", "coordination ETROITE entre les deux peuples", même si ces phrases partent d'un bon sentiment, il n'empêche qu'elles prêtent à confusion. Ces phrases ne sont pas de nature à dissiper certaines craintes.

Les points 2 et 3, comme ils sont formulés ne sont pas acceptables.
"(2) La Syrie souhaite des relations bilatérales entre deux États indépendants, souverains et égaux, et deux PEUPLES FRERES qui disposeraient d’une HISTOIRE COMMUNE, ET D'UN PRESENT ET D'UN AVENIR COMMUNS."
"(3) La Syrie aspire à fonder avec le Liban indépendant et démocratique des PROJETS COMMUNS entre les deux États et les deux peuples DANS TOUS LES DOMAINES, sans ingérence d’une partie dans les affaires de l’autre, projets dans le cadre desquels les deux États joueraient un ROLE COMPLEMENTAIRE au sein d’un cadre arabe pour l’édification d’un nouveau système arabe qui renouvellerait le concept de l’arabité en tant que lien culturel, économique et humain. Les deux pays COORDONNERAIENT ENSEMBLE pour un nouveau pacte arabe…"

Il serait aussi souhaitable concernant le point 5a de prévoir, au lieu  d'une "révision des accords conclus entre les deux pays", une annulation pure et simple de ces accords conclus sous la menace pendant l'occupation syrienne du Liban, afin d'établir en toute liberté de nouveaux accords bilatéraux!

Au total, il convient donc d'éviter tout ce qui peut donner l'impression, à tort ou à raison, qu'on s'achemine vers une relation fusionnelle d'un nouveau genre!


Réf.

Des divergences retardent la publication d’un document historique de l’opposition syrienne pour « tourner la page noire » avec le Liban
L'Orient-Le Jour 26 janvier 2012

Un document ouvrant une réelle perspective d’avenir sur les relations libano-syriennes dans une éventuelle Syrie postbaassiste, le premier dans son genre, a été publié hier au nom du « bureau exécutif du Conseil national syrien », la principale instance représentant l’opposition syrienne au régime du président syrien Bachar el-Assad.
Dans cette « Lettre ouverte au peuple syrien » – applaudie, dès sa publication, par le secrétariat général des forces du 14 Mars, qui a reconnu dans cette initiative « une démarche courageuse », le Conseil national syrien reconnaît entre autres formellement la souveraineté et l’indépendance du Liban, évoque la nécessité de relations équitables entre les deux États sur cette base et réclame notamment l’abolition du Conseil supérieur libano-syrien et la révision des traités bilatéraux iniques.

Cependant, il s’avère, après enquête, que ce document, pourtant en tous points historique, n’avait pas encore été formellement validé, jusqu’à hier soir, par le Conseil national syrien. Il s’agirait d’un projet de déclaration formelle de la part de l’opposition sur les relations libano-syriennes, toujours à l’étude au sein du CNS, mais qui a transpiré hier par le biais de certains des membres du bureau exécutif de l’instance. La question de savoir si ce texte – qui vient pourtant s’inscrire dans la lignée de la déclaration Beyrouth-Damas/Damas-Beyrouth de 2005, mais qui n’est cette fois pas le fait d’intellectuels, mais de forces politiques ! – fait l’unanimité entre les différentes composantes du CNS reste actuellement en suspens. Ainsi, le texte a-t-il été publié hier sur la page Facebook du groupe qui dépend du CNS, mais pas sur son site officiel, ce qui est probablement révélateur des divergences qui animent actuellement l’opposition syrienne.

Le texte intégral

« Frères Libanais, avec l’entrée de notre révolution, la révolution du peuple syrien, dans son onzième mois, et avec les sacrifices consentis par notre peuple pour la liberté, la dignité et le changement démocratique, et dans l’élan de notre combat pour la chute du régime de Bachar el-Assad et son gang, objectif qui est bientôt près d’être réalisé, notre Conseil apprécie hautement le soutien du peuple libanais à son frère, le peuple syrien, ainsi que son soutien politique, humanitaire et moral à la révolution syrienne. Le CNS estime qu’il existe une cause commune entre les peuples libanais et syrien : la démocratie en Syrie constitue un soutien fondamental à l’indépendance du Liban. Il s’agit là d’une occasion de tourner une page noire dans l’histoire des relations syro-libanaises, assombrie par le régime dictatorial en Syrie, qui a perpétré les formes les plus exécrables de tutelle, d’influence et d’ingérence. Notre Conseil assure que le tournant que constitue la révolution syrienne entre l’ère de la dictature et de la tyrannie, d’une part, et l’ère de la liberté et de la démocratie, de l’autre, ouvre grand les horizons à un avenir commun entre nos deux peuples et pose les fondations d’une coordination étroite entre eux », note la lettre ouverte.

Le document poursuit : « Frères Libanais, le CNS, qui aspire à un avenir radieux entre une Syrie libre et démocratique et le Liban, met l’accent sur les principes suivants :
(1) La Syrie libre, indépendante et démocratique reconnaît le Liban en tant que patrie souveraine et indépendante.
(2) La Syrie souhaite des relations bilatérales entre deux États indépendants, souverains et égaux, et deux peuples frères qui disposeraient d’une histoire commune, et d’un présent et d’un avenir communs.
(3) La Syrie aspire à fonder avec le Liban indépendant et démocratique des projets communs entre les deux États et les deux peuples dans tous les domaines, sans ingérence d’une partie dans les affaires de l’autre, projets dans le cadre desquels les deux États joueraient un rôle complémentaire au sein d’un cadre arabe pour l’édification d’un nouveau système arabe qui renouvellerait le concept de l’arabité en tant que lien culturel, économique et humain. Les deux pays coordonneraient ensemble pour un nouveau pacte arabe qui s’inspirerait de la déclaration de Riyad de 2007 et qui paverait la voie à la consolidation des valeurs du pluralisme et de la tolérance dans le monde arabe.
(4) Les deux pays considèrent que la diversité religieuse et raciale constitue une valeur unique que le Liban et la Syrie partagent et ils s’engagent à défendre cette particularité historique qu’ils considèrent comme une source de richesse sur le plan culturel et humain.
(5) La Syrie aspire, en se fondant sur les principes qui précèdent, et dans le respect de votre pacte national consacré par l’accord de Taëf, à œuvrer communément avec un Liban indépendant et démocratique pour régler immédiatement et directement les dossiers urgents suivants :
(a) La révision des accords conclus entre les deux pays pour parvenir à de nouveaux accords qui préserveraient les intérêts de chacun des deux pays, d’une part, et leurs intérêts communs, de l’autre.
(b) La concentration des relations entre les deux pays et les deux États au niveau de la représentation diplomatique saine au niveau de deux ambassades.
(c) L’abolition du Conseil supérieur libano-syrien.
(d) Le tracé des frontières entre les deux pays, notamment dans la région des fermes de Chebaa.
(e) Le contrôle des frontières entre les deux pays.
(f) La fin du rôle sécuritaire, que ce soit au niveau des ingérences dans les affaires libanaises, ou du trafic d’armes qui vise à faire du Liban une arène en opposition avec les principes fondateurs de l’entité, de l’État et de la loi.
(g) La création d’une commission d’enquête syro-libanaise commune pour régler la question des détenus et des disparus dans les prisons du régime (syrien). »

Et le texte d’ajouter : « Frères Libanais, les Syriens, après la victoire de leur révolution, et les Libanais, après la libération et la démocratisation de la Syrie, ont devant eux une longue bataille pour faire entrer les deux pays dans une nouvelle ère, celle de l’état civil, de la modernité et du développement, ainsi que de la construction des intérêts communs. Le CNS, qui expose ici les principes qu’il pense être ceux qui devraient régir les relations entre la Syrie et le Liban, se fonde en définitive sur l’intérêt de la Syrie à l’établissement de relations de fraternité, de bon voisinage et d’intérêts évidents entre elle et le Liban, et d’un intérêt syro-libanais à la naissance d’un nouveau système arabe fondé sur les intérêts entre des pays souverains et égaux. Le CNS choisit ce timing pour présenter ces principes, à l’approche d’un instant historique aussi bien pour la Syrie que pour le Liban, en l’occurrence l’approche de la chute du régime Assad qui représente l’obstacle permanent face à l’établissement de relations saines entre les deux États et les deux peuples. Ce que nous déclarons aujourd’hui n’est pas uniquement un acte de foi dans ses relations, mais un acte de reconnaissance du fait que deux États indépendants peuvent œuvrer, coordonner et réussir ensemble. Deux États qui s’entraideraient et qui ne constitueraient pas un fardeau l’un pour l’autre. »
« Frères Libanais, la révolution syrienne vous lance un appel du cœur et de la raison. Elle s’adresse à votre cœur et votre raison. Voilà que nous œuvrons aujourd’hui ensemble pour un avenir radieux qui garantirait la sécurité, la paix et la stabilité pour la région et ses peuples. Gloire aux martyrs qui sont tombés pour l’indépendance du Liban. Gloire aux martyrs de la révolution syrienne, qui écrivent avec leur sang l’avenir de la Syrie, du Liban et de la région », conclut l’appel, qui est signé par « le bureau exécutif du Conseil national syrien ».

Une « démarche courageuse » pour le 14 Mars

Dans une première réaction particulièrement favorable à ce texte, le secrétariat général des forces du 14 Mars a fait paraître hier le communiqué suivant : « Le secrétariat a reçu avec grande joie la lettre ouverte émanant du Conseil national syrien adressée au peuple libanais, et considère que cette lettre constitue un signe d’espoir et une démarche courageuse en faveur de l’ouverture d’une nouvelle page dans les relations libano-syriennes, fondées sur la souveraineté et l’indépendance des deux pays. Le secrétariat général considère que ce message historique mérite une réponse par le biais d’une lettre ouverte qui traiterait dans les détails les points soulevés par le CNS, compte tenu de l’importance de l’événement, que ce soit du point de vue de son contenu ou de son timing. Le secrétariat aspire également à davantage de contact dans l’intérêt des deux peuples et des deux pays. »

dimanche 4 décembre 2011

Doit-on envisager la moitié d'un quart de seconde que le tyran de Damas pourrait être encore là au printemps 2013 ? (Art.47)


Le 23 mars 2011, une semaine après le déclenchement de la révolution en Syrie, j'ai rédigé une note que j'ai intitulée "Hélas, pas de changement de régime en Syrie dans l'immédiat". Inutile de préciser que cette note allait à contre-courant de la pensée dominante du moment. Mon article commençait par la phrase suivante : "Ne confondons pas nos désirs avec la réalité". Les mois ont passé, les saisons aussi. En août dernier, plus d'une éminence grise libanaise et étrangère, tablaient sur la fin imminente du régime syrien, avec une marge étroite, la première quinzaine du mois d'octobre. Les semaines passèrent et rien ne s'est passé à part les individus qui passent tous les jours et pour toujours. Aujourd'hui les morts se comptent par milliers (4000 selon le dernier rapport de l'ONU), les blessés par dizaines de milliers, l'économie syrienne est exsangue, la population point. La cote de popularité mondial de l'héritier de la Tyrannie des Assad étant au plus bas même en Corée du Nord et au Venezuela, on mise toujours sur cette fin imminente du régime. Même Samir Geagea, réputé pour ses fines prévisions, pense comme son sosie français Alain Juppé, que la fin du régime semble toute proche. Toujours est-il, lors d'une réunion estivale avec une éminentissime amie et une éminence grise, j'ai fait part à mes interlocuteurs de mes 3 craintes au sujet de la Syrie: l'enlisement de la situation, le recours d'Assad à l'arme fatale, la guerre civile et le débordement du chaos vers le Liban. La 1re crainte est dépassée depuis longtemps. L'enlisement, non seulement on y est mais on y reste hélas. La 2e, on s'y approche dangereusement, on y est presque pour l'ONU. La 3e par contre, on n'y est pas encore. J'avais exclu la guerre régionale, qui ne me semblait pas à l'ordre du jour pour l'année 2012.

Si la fin du régime syrien est inévitable du point de vue de l'Histoire, car rien n'est éternel, encore moins les tyrans, tout est de savoir quand cela se réalisera. Au risque de choquer les humanistes de tous bords et les attentistes du 14 Mars, il n'est presque pas important pour moi de prévoir quand le régime syrien tombera puisque c'est inéluctable. Le plus important à mes yeux c'est de mettre en route les moyens astucieux pour accélérer cette chute et d'anticiper les conséquences de son élimination à moyen terme ou au pire, de son maintien au pouvoir pendant quelque temps encore.

Oscar Wilde -qui vient de connaître le 2e enterrement de sa vie posthume au cimetière du Père Lachaise à Paris, après le ravalement de sa sépulture pour effacer les traces d'exubérance de ses admiratrices dont le rouge à lèvres, faute de ressusciter l'écrivain irlandais, commençait à endommager la pierre tombale- dit que l'expérience est le nom que l'on donne à ses erreurs. Puisque les erreurs au Liban sont monnaie courante, notre "expérience" de la guerre libanaise et de la révolution du Cèdre, nous a appris, moi et mes personnalités, qu'il ne suffit pas d'avoir une bonne cause, il faut surtout savoir la "vendre"! Pour la vendre, il faut communiquer et pour communiquer, il faut bien évaluer la situation.

Sur le plan international en général, 2 importantes élections présidentielles sont au rendez-vous en 2012, au printemps en France et à l'automne aux Etats-Unis. Donc on peut avancer sans prendre beaucoup de risque qu'il est peu probable que des décisions "compromettantes" sur la Syrie soient prises en 2012 par les présidents sortants et candidats de ces 2 grandes puissances, Nicolas Sarkozy et Barack Obama, sauf bouleversements majeurs de la donne par le dynamisme révolutionnaire ou par un "grand" désastre humanitaire. Par ailleurs, les positions de la Russie et de la Chine sont connues et ne changeront pas d'un iota, surtout avec le retour programmée au Kremlin de l'ex-KGBiste, Vladimir Poutine, prévu pour mars 2012. La Fédération de Russie prouve tous les jours par ses déclarations qu'elle ne partage pas la vision de l'Occident sur ce problème et qu'elle fera tout pour sauver le régime de Bachar El-Assad qui lui offre la seule base militaire dans toute la Méditerranée, un détail stratégique de grande importance mais oublié! D'ailleurs, le chef d'état-major de la marine russe a annoncé le 28 novembre, l'envoi vers Tartous au printemps 2012 de plusieurs navires de guerre dont le porte-avions Amiral Kouznetsov et on a appris au même moment par l'agence de presse Interfax que les russes ont livré des missiles antinavires à la Syrie, quelques jours après qu'une commission d'enquête de l'ONU s'est prononcée pour un embargo international sur les ventes d'armes à Damas, 2 annonces collatérales qui montrent le fort attachement du Kremlin au régime de Damas et la confiance quant à sa viabilité à moyen terme. C'est un message on ne peut plus clair aux occidentaux! Quant à la Chine, cette dictature bizarroïde à l'identité économique indéterminée, elle craint surtout que l'Occident ait un jour à se prononcer sur l'éternelle tragédie tibétaine!

Sur le plan arabe en particulier, ce n'est pas l'euphorie dans les pays d'Afrique du Nord -c'est le moins qu'on puisse dire- ce qui pourrait tempérer l'enthousiasme suscité par les soulèvements populaires arabes dans certains chancelleries occidentales.
- Egypte. Le printemps égyptien a été marqué par 2 manifestations symboliques qui ternirent l'ère post Moubarak. La première, organisée par les égyptiens coptes le 9 octobre, pour protester contre l’incendie d’une église en Haute-Egypte fin septembre, a viré au carnage (25 morts au total). L'autre, organisée par les islamistes et les libéraux le 19 novembre et les jours suivants, pour exiger que l'armée transfère rapidement le pouvoir à un gouvernement civil, a laissé plus d'une quarantaine de morts! Du coup, les élections législatives et sénatoriales qui ont commencé le 28 novembre et doivent durer plusieurs mois, risquent d'être interrompues à tout moment. Tout indique qu'elles profiteraient aux partis islamistes, les Frères musulmans et les salafistes sont assurés de 60 à 70 % des suffrages pour l'instant (participation 62%)! L'enjeu est énorme, le nouveau Parlement devra rédiger la nouvelle Constitution. Enfin, si l'armée s'est engagée à rendre le pouvoir aux civils après l'élection d'un nouveau président, aucune date n'a été fixée pour la présidentielle pour le moment.
- Libye. Le président du CNT libyen a déclaré à la surprise générale au lendemain de la chute du régime libyen que la nouvelle constitution du pays sera basée sur la Charia islamique. En plus, la nouvelle Libye rechigne à respecter le droit international en présentant le fils de Kadhafi, Seif El-Islam, devant la CPI, afin d'être jugé pour "crimes contre l'humanité".
- Tunisie. Des élections libres ont permis au parti islamiste Al-Nahda de recueillir 41% des suffrages (participation 54%).
- Maroc. Printemps arabe ou pas, un parti islamiste a remporté les élections législatives, raflant 27% des sièges du nouveau parlement (participation 45%).

Au niveau des dirigeants arabes, la Ligue des pays arabes a décidé de prendre des sanctions économiques à l'égard du régime syrien. Indépendamment de la valeur morale de sanctions émanant de régimes antidémocratiques menacés par l'Histoire comme la dictature syrienne d'ailleurs -archaïques au plus haut degré pour certains, comme l'Arabie saoudite, où toute citoyenne du royaume, sujette du roi, se trouve toujours sous-tutelle d'un homme (père, frère, mari, fils) et n'a pas encore le droit de conduire une voiture ou de se retrouver dans la rue sans être accompagnée par un "mâle"- on peut s'interroger sur l'efficacité de ces sanctions: être plus isolé que l'Iran c'est difficile et pourtant la république islamique défie le monde entier depuis 1979. Alors que pourraient faire les timides sanctions arabes? Pas grand chose probablement, à part remonter le moral de la population syrienne.

Ah mais c'est oublier que le salut viendrait de la Turquie. Soit, mais que fait au juste l'ancien colonisateur du monde arabe? A part des gesticulations et des annonces théâtrales, rien! Entre parenthèses, faut-il se réjouir de l'élévation de Recep Tayyip Erdogan au titre de "grand héros de la Nation arabe pour l'année 2011"? Je ne pense pas. Voilà un homme qui a inauguré sa carrière en 1998 par la porte de la prison après une condamnation pour incitation à la haine où dans un discours national, alors qu'il était maire d'Istanbul, n'a pas trouvé mieux que de réciter le poème d'un nationaliste turc pour qui "les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats"! C'est de l'histoire ancienne peut être sauf que le PM turc n'a pas hésité à déclarer en fév. 2008 en Allemagne devant 16000 compatriotes que "l'assimilation est un crime contre l’humanité", renvoyant par ailleurs aux calendes grecques la reconnaissance du génocide arménien et surtout le droit démocratique à l'autodétermination de la population kurde. Pour anecdote, il y a un an jour pour jour, Erdogan reçut le prix Kadhafi des droits de l'homme.

Reste l'acteur incontournable de la région, Israël. Outre de rares déclarations insignifiantes, l'Etat Hébreux ne souhaite aucun changement de régime de l'autre côté du Golan pour l'instant, car ce qui le préoccupe n'est pas l'épanouissement des populations arabes mais la tranquillité de ses fronts.

Enfin, les "corridors humanitaires" ont du mal à frayer leur chemin à l'ONU et même BHL (Bernard-Henry Levy), le philosophe préféré d'Arielle Dombasle, ce gars qui est prêt à épouser n'importe quelle cause pour s'éloigner de sa femme, avoue "qu'on ne peut pas reproduire mécaniquement en Syrie ce qu'on a fait en Libye".


Face à ce tableau noir de noir qui n'a rien de réjouissant, que peuvent faire les opposants syriens ?

1. D'abord, se structurer.
Ils le sont, notamment par la création du Conseil national syrien (CNS) et du Comité national pour le changement démocratique (CNCD). Etre conscients qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Ils le savent. Continuer à œuvrer pour créer une opposition large, représentative, unie et déterminée. Ils le font et doivent persévérer car il y a encore beaucoup à faire! Etablir et surtout diffuser un programme ambitieux pour relever le défi de la démocratie et surtout de la laïcité. Se demander pourquoi aucun pays, y compris la "salvatrice" turquie d'Erdogan, n'a pas encore reconnu le CNS comme l'unique représentant du peuple syrien? Cela mérite une réflexion, pas simpliste de préférence!

2. Ensuite, veiller à rester démilitarisé.
Plus que jamais ils doivent préserver coûte que coûte le caractère "démilitarisé" de leur lutte démocratique. C'est ce que l'humanitaire Rony Brauman appelle le paradigme syrien: qui est "fait d'une mobilisation populaire large et d'un refus admirable de céder à la tentation des armes et à la spirale de la violence". Cela commence à porter ses fruits puisque un rapport commandé par l'ONU et publié il y a quelques jours accuse ouvertement la tyrannie des Assad de "crimes contre l'humanité". "Le devoir de l'Armée syrienne libre est de protéger le peuple et de ne pas attaquer le régime", a indiqué Khaled Khoja, membre du comité des relations étrangères du CNS. Une précision ô combien utile car les dérives actuelles vers la guerre civile pourraient allonger l'espérance de vie du tyran de Damas.

3. Enfin, rassurer (et agir) tous azimuts et sans relâche. Notamment:
- ces "minoritaires", qu'ils le sentent ou qu'ils le soient n'a strictement aucune importance (alaouites, chrétiens, kurdes et druzes): leur montrer de quelle manière leurs craintes seront prises en compte et dissipées;
- les pays occidentaux : les rassurer sur l'attachement de la nouvelle Syrie à la démocratie et à la laïcité, notamment en prenant ses distances publiquement avec les Frères musulmans et les salafistes;
- la Russie : la tranquilliser sur l'avenir de la base militaire de Tartous et les liens privilégiés entre les 2 pays à l'avenir;
- Israël et l'Occident : se prononcer sur le maintien du statu quo et le respect de la trêve sur le front du Golan, au moins dans les coulisses diplomatiques;
- le Liban : rappeler l'engagement des opposants pour le tracé des frontières, la libération des détenus…;
- les pays arabes et la Turquie: maintenir la pression pour les pousser à prendre des mesures beaucoup plus audacieuses; ne serait-ce que la reconnaissance des mouvements d'opposition comme les représentants du peuple syrien;
- le Hezbollah et l'Iran : garder les distances avec eux (le "contact" de l'été fut une erreur) car s'il y a une chance qu'un jour la Russie lâche la dictature syrienne, il ne faut pas rêver que le régime iranien et sa milice libanaise le feront;
- la Chine : à part s'engager à manger davantage de nouilles, je ne vois pas ce qui pourrait amadouer la dictature chinoise!

Et de l'autre côté de l'Anti-Liban, que peuvent faire les opposants libanais?
Sortir déjà de l'attentisme et envisager la moitié d'un quart de seconde que le tyran de Damas pourrait être là encore un bon bout de temps, voire jusqu'aux prochaines élections législatives libanaises du printemps 2013!

[Article publié le 6 décembre 2011 sur Middle East Transparent]

http://www.metransparent.com/spip.php?page=article&id_article=17071&var_lang=fr&lang=fr

jeudi 3 novembre 2011

Et si les intégristes ne sont pas contents... et bien qu'ils aillent au diable ! (Art.43)


Quand l'obscurantisme attaque la liberté d'expression à Paris, ici représentée par le journal Charlie Hebdo, cela donne:
- des locaux incendiés: à cause de son numéro "Charia Hebdo" ou figure en première page un religieux musulman heureux et rigolard, qui serait le prophète Mahomet, et le message suivant "100 coups de fouet si vous n'êtes pas morts de rire!";
- et un site internet hacké: pour être remplacé par la photo de La Mecque et le message "Not God but Allah".

Inutile de préciser que Charlie Hebdo, journal satirique provocateur né, qui n'épargne personne, n'a aucune sympathie pour les fanatiques qu'ils soient chrétiens, juifs, musulmans ou d'extrême droite.

L'hebdomadaire voulait attirer l'attention sur 2 événements majeurs, surprenants et inquiétants, survenus dans 2 pays fleurons du Printemps arabe et passés sous silence:
- la victoire du parti islamiste El-Nahda en Tunisie, alors que 90% des électeurs tunisiens se sont exprimés;
- la promesse du président du Conseil National de Transition, au lendemain de l'éxécution de Kadhafi, que la Charia sera la principale source de législation en Libye.

Ces actes terroristes sont inadmissibles. Ils ont été condamnés par toute la classe politique française et par le Conseil français du culte musulman. Nous, citoyens du monde, au pays de Voltaire et de Gibran, défenseurs de la Démocratie, devons les dénoncer avec la plus grande vigueur. Tolérance zéro avec les intégristes. Et s'ils sont pas contents... et bien qu'ils aillent au diable!

mercredi 2 novembre 2011

Les adeptes du "suicide collectif" en Grèce et au Liban ! (Art.42)


La bêtise humaine ne connait ni limite ni frontière! Albert Einstein en a parlé dans une de ces célèbres boutades, je viens d'en avoir une très belle illustration.

Alors que l'Europe accepte d'effacer 100 milliards € de la dette de la Grèce, Georges Papandréou, le Premier ministre grec, joue la fine bouche. J'adore! Il veut soumettre le plan de sauvetage de l'Europe à un référendum. Une histoire de fous!

Avec ce populisme à 3 centimes pour rester tout simplement aux commandes du pays, un pays au bord de la faillite, une décision aux conséquences dramatiques au niveau international, une somme colossale qui permettrait d'éradiquer maladies et famine ds le monde... Incroyable!

Voilà comment un commandant peut par des décisions absurdes faire chavirer un navire avec tous les voyageurs qui sont dessus!

Tout cela me fait penser aussi à l'histoire de notre pays. Les adeptes du "suicide collectif" sont nombreux au pays du Cèdre: Hassan Nasrallah & Michel Aoun, étant les plus motivés. Ils lient le sort de notre bien-aimé Liban, à ceux de la tyrannie des Assad (Syrie) et du fascisme des Mollahs (Iran)! Deux exemples de "régime contre-nature, contre-histoire et contre-démocratie" dont les jours sont comptés.

Hélas, double hélas!

dimanche 30 octobre 2011

Quel sort réserver à Bachar El-Assad, après l'exécution de Kadhafi ? Nuance et conséquences ! (Art.41)


Il est si émouvant d'assister à la renaissance d'une nation... Les dernières nouvelles de Tripoli et certains commentaires dans la foulée de la mort de l'autoproclamé "roi des rois traditionnels d'Afrique", m'ont fait penser à un intellectuel français -dont les cendres ont été transférées au Panthéon il n'y a pas si longtemps que ça et ce n'était pas à sa demande!- pour qui "juger, c'est de toute évidence ne pas comprendre puisque, si l'on comprenait, on ne pourrait pas juger." Tel était le constat d'André Malraux, l'écrivain, aventurier, militant antifasciste, résistant et homme politique. Ah, que j'aime lire la succession de ses titres… tout un roman!

Les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi restent pour l'instant obscures, même si tout laisse penser qu'il aurait été exécuté. Soit, mais est-il éthiquement acceptable d'exécuter froidement un homme aussi criminel soit-il? Un homme qui avait le look d'une pop star, une sorte de Keith Richard oriental. Un homme excentrique, pour qui Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à dérouler le tapis rouge, allant même jusqu'à accepter son caprice d'installer sa tente dans le parc de l'Hôtel Marigny à deux pas des Champs-Elysées! Un extravagant, protégé par des femmes-soldats, ses "amazones" et comme l'atteste un câble diplomatique révélé par Wikileaks, ne se déplaçait guère sans son infirmière ukrainienne choisie plus pour sa généreuse poitrine que pour ses compétences médicales. Un sentimental aussi, avec son béguin pour Leezza (Condoleezza Rice, l'ex-secrétaire d'Etat américaine). Tenez, il n'était pas le seul d'ailleurs, Walid Joumblatt l'avait devancé durant "ayam el dala3" avec Condy! On dit, des souvenirs d'enfance, qu'il avait conseillé aux chrétiens libanais de "devenir musulmans" pour avoir la paix dans l'océan sunnite où ils vivaient. Un on-dit de guerre et de propagande peut être. Ce qui est sûr, c'est qu'il a fait disparaitre sans scrupule l'imam Moussa El-Sadre parce que celui-ci aurait refusé de donner carte blanche aux milices palestiniennes au Sud-Liban. Un terroriste de renom au final, les attentats de Lockerbie en Ecosse et du Niger étant ses exploits funestes les plus spectaculaires.

En tout cas, ce n'est pas pour ce bazar d'excentricités et pour ses actes terroristes qu'il aurait été exécuté à la sortie des canalisations de Syrte, qui soit dit au passage on ne s'est toujours pas si ce sont des canalisations d'eau potable ou des eaux usées, les dernières convenant mieux à la stature de l'homme. L'origine du drame libyen n'est pas difficile à comprendre. 42 ans de dictature qui n'en finissaient pas; un seul responsable, Mouammar Kadhafi; une seule solution, la révolution, un changement radical sans la moindre possibilité de retour en arrière. Et comme une révolution est par essence excessive et ne connaît pas les demi-mesures, le sort réservé à Kadhafi était prévisible, il s'inscrit dans cette logique. Ah qu'il est facile de juger à distance -physique et psychique- le comportement d'un peuple écrasé par 42 ans de terreur! Pour rappel, la "noble" révolution française a guillotiné 15 998 personnes autres que Louis XVI et Marie-Antoinette. Pour l'époque c'était énorme.

Entre parenthèses, l'histoire écrira que notre révolution au Liban n'en était pas une. Samir Kassir parlait plutôt d'intifada. Comme il avait bien raison quand on survole la suite des événements! La "Révolution du Cèdre" était responsable, trop responsable. Adulte plus qu'il ne fallait. Pas assez adolescente. Pas du tout audacieuse. Elle n'est pas allée jusqu'au bout d'elle-même. Elle a été frileuse. Sinon comment expliquer qu'elle ait pu accepter de laisser se dresser sur la route littorale entre Beyrouth et Jounieh un Palais des congrès au nom d'un collabo notoire -et fier de l'être- de la tyrannie des Assad et qu'on soit obligé sur la route d'Ouyoun El-Simane, encore aujourd'hui, nous les a7rars de ce pays, et fiers de l'être, de traverser un rond point baptisé au nom du symbole de la période de terreur syro-libanaise! Comment expliquer enfin que les honteuses journées du Hezbollah en mai 2008 se soient terminées par l'honorable Accord de Doha?

Pour revenir à nos moutons, disons que rien n'est éternel, encore moins les tyrans. Et les tyrans doivent être jugés et non exécutés sommairement. Cela va de soi, au moins pour moi. Je rajouterai que ce qui s'est passé en Libye est une formidable leçon pour les révolutionnaires syriens. Puisque cela conduit à une question existentielle. Pas pour nous, mais pour lui, l'héritier de la tyrannie de Damas.  Il est sans doute très prématuré d'en parler mais dans ce domaine existentiel, mieux vaut en parler tôt que tard. Quel sort les révolutionnaires syriens doivent réserver à Bachar El-Assad (et sa clique)?

Il ne sera sans doute pas facile d'y répondre. D'ailleurs, le moment venu, les révolutionnaires ne disposeront sans doute de pas beaucoup de temps pour le faire. Personnellement étant farouchement contre la peine de mort -quelqu'en soit la nature du crime car il ne saurait y avoir des exceptions, c'est une question morale; une peine qui est non seulement bannit en Europe, mais son abolition constitue une condition sine qua non pour intégrer l'Union européenne; un acte barbare, que seuls des partis populistes soutiennent, condamné par Amnesty International et rejeté par certains partis politiques libanais dont les Forces libanaises (et pour cause... les syriens et leurs collabos auraient envoyé le seul prisonnier politique libanais Samir Geagea chez ses aïeux depuis longtemps!)- je suis opposé à l'exécution sommaire de Bachar El-Assad.

Aux yeux de l'Histoire, une telle exécution ternira légèrement l'éclat de la révolution syrienne alors qu'un jugement lui donnera plus rapidement ses lettres de noblesse! Le juger de ses crimes donnera l'occasion au peuple syrien, non seulement de montrer aux yeux du monde entier les abominables crimes de la tyrannie du clan des Assad, mais aussi d'écrire son histoire comme il se doit. Même si cela reste une affaire interne, j'aimerai insister sur l'importance du jugement de Bachar pour les libanais également.

Il faut que la Révolution syrienne sache que le jugement du dictateur de Damas aura des conséquences majeures du côté méditerranéen de l'Anti-Liban. Je ne parlerai que de celles qui pourraient intéresser le peuple syrien justement:
1. Juger Bachar El-Assad restera le MEILLEUR moyen –c'est en majuscules SVP- dont elle disposera pour gagner en un éclair le cœur du peuple libanais! Un peuple meurtri par 29 ans d'occupation, de terreur, de crimes, d'assassinats, d'enlèvements, d'emprisonnements abusifs, d'extorsion de fonds, j'en passe et des meilleurs.
2. Il tracera une séparation indéniable et indélébile entre la tyrannie des Assad et le peuple syrien! Alors de grâce ô révolutionnaires syriens, ne l'exécutez pas, pour en faire de lui un héros aux yeux de son irréductible clan transfrontalier! Ne leur donner pas cette chance hérétique.

Ainsi, la Révolution syrienne pourrait être amenée, et voilà l'ironie de l'Histoire, à protéger son bourreau de la vindicte populaire pour garantir sa comparution devant le tribunal du peuple et de l'Histoire. Il lui sera demandé d'empêcher le peuple syrien, par la force peut être, de s'en prendre à l'héritier de la tyrannie du clan des Assad. Il faudra peut être dès aujourd'hui que la branche dissidente de l'armée syrienne, crée au plus vite une unité spécialisée. Celle-ci sera entrainée militairement pour capturer le président syrien Bachar El-Assad, mais aussi et surtout entrainée psychologiquement pour le capturer vivant! C'est une question de nuance, aux nombreuses conséquences!

[Article publié le 31 octobre 2011 sur Middle East Transparent]

http://www.metransparent.com/spip.php?page=article&id_article=16667&lang=fr