vendredi 16 novembre 2012

Vingt réflexions sur la énième déflagration israélo-palestinienne (Art.86)



La énième déflagration israélo-palestinienne prouve :

1. L’impasse des négociations entre les deux parties est à l’origine de cette éternelle tragédie !

2. L’irresponsabilité des milices palestiniennes, les Brigades Ezzedine al-Qassem (la branche armée du Hamas), mais aussi les Brigades al-Qods (branche armée du Djihad Islamique). Que pouvaient espérer ces milices irresponsables du bombardement de Tel-Aviv pour la première fois par un missile iranien Fajr-5 ? Affligeant.
3. « L’occupant a ouvert les portes de l’enfer », n’est qu’une foutaise de littérature. Cette déclaration ne peut pas camoufler l’échec flagrant de la milice du Hamas à protéger les Palestiniens de Gaza.
4. Le dernier conflit israélo-palestinien en 2009 a fait 1315 morts du côté palestinien (5 285 blessés) et 13 du côté israélien (197 blessés). Aujourd’hui, comme hier, le conflit démontre le fiasco de la milice du Hamas à dissuader Israël de s’acharner sur Gaza quand bon lui semble et autant qu’il veut, malgré les centaines de roquettes tirées sur Israël.
5. L’impuissance de l’Autorité palestinienne.
6. La nécessité pour les Palestiniens de tourner au plus vite la funeste page « Hamas » (au pouvoir à Gaza depuis les élections de 2005-2006) au profit de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.
7. Comme je l’ai dit à propos de l’envoie irresponsable du drone Ayoub par le Hezbollah dans l’espace aérien israélien en octobre dernier, l’escalade de ces derniers jours démontrent  que la doctrine militaire israélienne, n’a pas changé depuis 1948, elle repose sur l'attaque massive et la riposte disproportionnée contre ses ennemis. L'Union européenne a beau appelé Israël à une réponse « proportionnée » aux attaques des milices palestiniennes, il ne faut pas se leurrer cette doctrine ne changera pas à Gaza en 2012 !

8. L’irresponsabilité du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou. Menacer la trêve fragile entre les Israéliens et les Palestiniens pour des raisons électorales, ce qui semble être le cas, est tout simplement ignoble. En effet, des élections législatives sont prévues en Israël en janvier 2013. Le Haaretz, quotidien israélien de gauche, estime « qu’un agenda centré sur la sécurité servirait les intérêts de Netanyahou et du Likoud, et indirectement d'Ehoud Barak, alors qu'un agenda économique les desservirait, après la contestation sociale sans précédent qui s'est étendue à tout le pays durant l'été 2011... On sait comment commence la guerre, mais pas quand et comment elle va finir... Même si Netanyahou ne veut pas nécessairement une opération de large ampleur à Gaza à la veille de son élection, il pourrait y être entraîné, malgré lui. »
9. L’inconscience du gouvernement israélien. Selon un document émanant des services du ministère israélien des Affaires étrangères, qui attend d'être approuvé par le ministre Avigdor Lieberman avant d'être soumis au gouvernement israélien, « Renverser le régime d’Abou Mazen (Mahmoud Abbas) serait la seule option » si l’Autorité palestinienne réussit à porter la Palestine au statut d’État non membre des Nations unies lors de la prochaine réunion de l'Assemblée général de l'ONU le 29 novembre (une majorité simple suffira, elle est pratiquement acquise), est une pure folie qui condamnera le processus de paix pour plusieurs générations. Hélas, les Israéliens n'ont pas laissé aux Palestiniens un autre choix que celui-là. 
10. La nécessité que la population israélienne rejette clairement les extrémistes de la catégorie des Lieberman & Co. Un ultranationaliste comme ministre des Affaires étrangères, on croit rêver! Comme le dit si bien Saëb Erakat, le négociateur palestinien « Même si les Palestiniens avaient mère Teresa comme président, Thomas Jefferson au Parlement et Montesquieu pour Premier ministre, il se trouverait encore un Lieberman pour dire que ce ne sont pas des partenaires et qu’il faut les tuer ».

11. Les assassinats, les raids, les bombardements, les chars, la clôture de sécurité (un mur de 730 km, en cours de construction depuis 2002, séparera à terme Israël de la Cisjordanie), les attentats-suicide, les missiles, les roquettes et les kalachnikovs ne résolvent rien. Ils n’apportent qu’extrémisme d’une part, et des deux côtés, ainsi que désolation et malheur d’autre part, encore pour la énième fois aux populations civiles des deux côtés, même à des degrés différents, les Palestiniens payant comme toujours le plus lourd tribut .
12. La nécessité qu’Israéliens et Palestiniens comprennent que seule la résolution du conflit leur apportera paix et prospérité. Pour reprendre cette belle formule de la Bible, disons que le reste n'est que « vanité et poursuite de vent ».
13. La nécessité que les grandes puissances exercent des « pressions sérieuses » pour pousser les belligérants à s’attaquer au fond du problème. Les accords d’Oslo, signés en 1993 entre Yasser Arafat et Ytshak Rabin, ont non seulement instauré l’autogouvernance de la Cisjordanie et de la bande de Gaza par les Palestiniens, mais prévoyaient aussi des négociations sur les implantations israéliennes en Cisjordanie, le sort des réfugiés palestiniens, le statut de Jérusalem, les problèmes de sécurité, la coopération israélo-palestinienne dans les domaines économiques et le partage de l'eau. Près de 20 ans plus tard, ces négociations sont au point mort. C’est inadmissible ! Les grandes puissances, les pays arabes, les pays occidentaux, la Russie et la Chine doivent assumer leurs responsabilités.
14. La nécessité de mettre un terme définitif à la colonisation absurde des Territoires occupés par les Israéliens.
15. La nécessité de trouver une solution au problème des réfugiés palestiniens (notamment au Liban, qui représentent 12% de la population libanaise, soit plus de 400 000 Palestiniens).

16. Ce drame humain, pas plus que celui qui se déroule en Syrie, ne doit pousser les libanais à s’impliquer activement, ni de près ni de loin, ni directement ni indirectement, dans ces conflits de voisinage, sauf sur le plan humanitaire.
17. Toute comparaison entre le régime d’Assad et le gouvernement israélien est ridicule.
18. Toute comparaison entre l’assassinat du chef de la milice du Hamas et ceux des personnalités du 14 Mars est encore plus ridicule.
19. « Nous sommes tous concernés au Liban par la situation à Gaza. Cette bataille concerne tout le monde. » Dans cette déclaration, le chef de la milice « chiite libanaise », Hassan Nasrallah, allié du régime « chiite iranien » des mollahs tente une nouvelle fois d’effacer de la mémoire collective « arabo-sunnite » son soutien actif au régime « alaouite syrien » qui massacre la population « sunnite syrienne », en s’accaparant la cause « palestinienne sunnite ». Complétement raté !

20. Je termine par l’éditorial du journal centriste israélien Yediot Aharonot. « Il n'y a jamais eu, il n'y a pas et il n'y aura pas de solution militaire pour sortir du conflit de la bande de Gaza. Si nous ne parvenons pas à trouver la voie d'un accord de paix, beaucoup d'entre nous allons participer aux opérations Pilier de défense 2, 3 et ainsi de suite. » Non seulement ce constat est juste, mais il me rappelle encore une fois mes conclusions sur l’affaire du drone Ayoub. L’Iran et le Hezbollah préparent un remake de la guerre de juillet 2006, « La Victoire divine 2 ». Si la première version a couté 50% du PIB libanais, la deuxième risque d’emporter la totalité de notre économie, ou ce qu’il en reste ! Le peuple libanais ne peut pas prétendre qu’il ne savait pas et qu’il n’a pas été prévenu. Avis de tempête.


Réf.

« Ya sabrak ya Ayoub » face à l’insoutenable légèreté d’être du Hezbollah et des sympathisants du Hezbollah ! (Art.83) par Bakhos Baalbaki